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mardi 19 mars 2013

Un petit texte

Une amie était en train d'écrire en attendant que sonne l'heure de la libération, alors je me suis dit que j'allais faire pareil. Voilà donc ce qui est sorti de ma plume (seules les 5-6 premières lignes avaient été écrites quelques jours plus tôt). Je compte écrire la suite même si je  n'ai pas spécialement prévu d'en faire une histoire longue et bien construite, et je compte aussi reprendre cet extrait parce que je l'ai à peine corrigé pour l'instant. J'ai bien lu vos commentaires et j'y répondrai ce week-end (je m'excuse auprès de Objectif Hypokhâgne, je voulais te laisser un commentaire sur ton blog en réponse à celui que tu m'as écrit il y a un petit moment déjà mais je ne l'ai pas encore fait. Je ne t'oublie pas pour autant !)
 
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Je faisais partie de ces adolescents rêveurs prêts à se laisser séduire par la moindre parole pourvu qu'elle menât à la porte ouverte de l'imaginaire. Sitôt que j'apercevais un grain de folie, sitôt qu'une poussière de magie m'enveloppait, je renonçais à toute connexion avec le monde qui m'entourait, je faisais un pas vers la frontière qui séparait le réel de l'imaginaire, et je plongeais sans hésitation de l'autre côté, celui où personne ne pouvait me suivre car je me retrouvais alors dans un monde qui n'appartenait qu'à moi seul. Nous étions allongés dans l'herbe, côte à côte, ou peut-être étions-nous adossés à un arbre, je ne sais plus, je ne sais pas, tout mon être était absorbé par le mouvement de ses lèvres et les sons qu'elles créaient, je m'imprégnais de ces mots et déjà mon esprit fuyait, des images apparaissaient devant mes yeux, aucune n'échappait à mon regard et, à mesure qu'il enchaînait ses phrases et racontait son histoire, les images s'animaient, elles devenaient chaque seconde plus belles et plus vraies, comme si chacune de mes visions faisait réellement partie de ce décor merveilleux. J'avais fini par oublier le contenu même de ses paroles, et les flots de mots qui se déversaient dans ma conscience ne formaient plus qu'un rythme, une douce mélodie qui m'avait fait basculer dans un état second et qui venait d'ouvrir dans mon esprit cette porte immatérielle, barrière empêchant ma conscience de se mêler à mon inconscient. C'est étrange, je ne sais plus à quel moment exact je perdis le contact. Les mots coulaient toujours mais ils ne me traversaient plus. Une main se baladait devant mes yeux, je crois même que l'autre, posée sur mon épaule, me secouait doucement, mais je ne pouvais en être certain, à ce moment précis je n'étais plus là devant lui, j'étais déjà bien loin. Mes yeux étaient ouverts, mais devant eux n'apparaissait plus une tignasse blonde comme avant, celle-ci avait été remplacée par une immense voile blanche. Je regardais émerveillé l'herbe se transformer en petites gouttelettes bleues, ces petites gouttelettes s'assemblaient ensuite et grandissaient, et bientôt elles formèrent une immense étendue d'eau sur laquelle le bateau s'aventurait fièrement. Comme dans un rêve il semblait se déplacer seul, sans équipage pour le guider, avançant uniquement par la seule force des éléments. Une vague le poussait en avant et le vent l'aidait à ne pas s'essouffler, il s'éloignait, il revenait, il tournait autour de moi et rien ne venait freiner sa course. Mais déjà une secousse faisait basculer le bateau qui se retrouva bien vite sous les vagues. Il ne resta plus rien d'autre qu'un océan agité, et le soleil. Un soleil bleu, un soleil océan. Et de nouveau les secousses. Mon esprit tentait désespérément de s'accrocher à cette image et de ramener le bateau avalé par les vagues, mais cette vision s'obscurcissait, l'océan et le soleil bleu ne furent plus que des esquisses, les esquisses des ombres, les ombres un néant, le néant une tignasse blonde, des yeux bleus et un sourire étonné.

dimanche 23 décembre 2012

Ecrire de nouveau

Aujourd'hui j'ai enfin eu le temps et la motivation de reprendre la plume et de me remettre à écrire comme je l'aimais tant petite. Pas dans le carnet où j'aime consigner mes pensées, non celui-là je ne l'ai jamais abandonné, mais j'ai voulu reprendre le chemin de la fiction et de l'imaginaire, et surtout mon travail sur le style. J'ai écrit le début d'un texte, qui aura un début et une fin précise, mais que je ne qualifierais pas de nouvelle. Il n'y aura pas d'histoire à proprement parler, je veux par ce texte en profiter pour réfléchir un peu sur la vie et en y portant un point de vue optimiste - je le précise parce que mon début est franchement déprimant, mais mon but est de marquer une évolution pour le personnage, son regard sur la vie va changer du début à la fin. J'ai encore du mal à retrouver mon propre style, un style qui me correspond, mais j'y travaille. Je vous montre ce que j'ai écrit cet après-midi, un peu déçue de ne plus écrire avec autant de facilités mais contente néanmoins de reprendre l'écriture.
 
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La vie... Une somme d'actes, d'émotions et de sentiments, de joie et de tristesse... On avance la tête haute, ou du moins on essaie, on veut oublier le passé et continuer de vivre simplement, sans réfléchir, l'esprit tourné vers le futur... Mais toujours, une part de nous reste connectée à notre passé, à nos racines... Qu'on s'y attache ou qu'on le fuie, le passé reste profondément ancré en nous, tel un poison ou un remède, influençant notre présent et déterminant notre futur... On ne peut s'en libérer, mais il ne tient qu'à nous de le manipuler, de s'en servir comme on le souhaite. Le passé, la mémoire, voilà ce qui constitue notre identité, c'est pour cela qu'il est toujours bon de s'y replonger et de renouer avec ses racines parfois trop oubliées...
 
Elle marche, elle erre, telle une âme seule et solitaire, sous un ciel hostile qui gronde et qui pleure. Un esprit perdu dans un milieu qui lui est étranger. Elle a grandi ici, pourtant. Elle y a connu la caresse du soleil et la brûlure du froid, la colère des éléments et la quiétude de la nature, elle a survécu à la chaleur étouffante de l'été, elle a gardé le sourire durant les heures les plus froides de l'hiver. Mais aujourd'hui, elle regarde perdue ce paysage sombre et insignifiant. Elle laisse l'eau couler sur son visage, elle ne lutte pas contre le froid qui s'insinue en elle et la fait frissonner. Elle se contente de marcher en regardant autour d'elle, elle cherche du réconfort et laisse ses yeux se balader sur les bâtiments et les boutiques qui lui étaient autrefois familières, mais qui aujourd'hui la laissent indifférente.
 
S'est-elle réveillée d'un long sommeil ? Vient-elle de quitter un monde onirique peuplé d'êtres extraordinaires où tout ce qu'elle connaissait semblait merveilleux ? La fin de l'été et les premiers jours de l'hiver l'ont progressivement éloignée de ce rêve éveillé.  Ses yeux distraits se sont ouverts, son regard s'est perdu dans l'horizon et a découvert la réalité brutale qui l'a violemment ébranlée. Le paradis s'est éloigné : il n'appartient qu'à ceux qui savent encore rêver et se laissent aller à la contemplation.

samedi 1 décembre 2012

Quelques mots

J'écris souvent dans un carnet, principalement mes pensées mais aussi parfois des petits textes dans lesquels j'essaie de travailler un peu mon style. C'est aussi parfois mes pensées de lycéenne que j'aime romancer. Voilà ce que j'ai écrit tout à l'heure. Je précise que c'est normal s'il y a quelques tournures maladroites, je le recopie volontairement tel que je l'ai écrit sans le retravailler.

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J'ai relu les pages précédentes avant de prendre mon stylo et d'y inscrire la date sur le papier. Je cherche par quoi commencer les quelques pages que je m'apprête à remplir, quels mots seront les plus aptes à illustrer mes plus profondes émotions. A peine ai-je terminé "la confusion des sentiments'" que je veux déjà faire de Zweig mon modèle, mon maître, mon idéal à atteindre. Je ne connais rien de cet homme au style remarquable. Je ne le découvre que par ses œuvres, ses mots, ses phrases, et quelles phrases ! Un tourbillon d’émotions confuses, une vague de sentiments contradictoires, du lyrisme et de la souffrance, une âme tourmentée par des mots qui brûlent de se faire entendre, qui veulent s’échapper de ces lèvres tremblantes. Mais elles ne s’ouvrent pas, les sons restent enfouis, il préférera se laisser gagner par la souffrance, cet homme si mystérieux ! La souffrance qui se reflète sur son visage bien trop vieilli pour son âge, la souffrance qui paralyse ses tentatives pour trouver le bonheur, cette quête vers son idéal, il la préfère cette souffrance, si terrible pourtant, il préfère la subir que de vider son cœur bien trop lourd pour une âme si pure. Quels mystérieux secrets accablent ce pauvre homme qui se meurt de ne pouvoir les révéler ? Il souffle quelques mots, offre un baiser qui, loin de le libérer, le rend plus confus encore. Alors il se tait de nouveau, ce professeur solitaire, il se refuse à s’engager davantage sur le chemin de la parole et s’enferme de nouveau dans sa carapace d’acier que seule la mort viendra briser, la faisant voler en éclat et s’emparant de l’homme triste et faible qui pas une fois n’osa vider son cœur…

jeudi 8 novembre 2012

Un monde onirique

Une pièce plongée dans l'obscurité, le calme, un lit, une couette, une fille enroulée dedans. Ses yeux sont fermés, elle ne bouge pas. Ou peut-être bouge-t-elle ? Qui sait ce qui peut se passer en une nuit. Mais l'obscurité est telle qu'on ne peut apercevoir le moindre mouvement. Son visage est détendu, peut-être même pourrait-on y voir un sourire, si l'on regardait bien. Elle est allongée sur le côté, ses lèvres remuent parfois, laissant s'y échapper des murmures presque inaudibles qui viennent troubler le silence de la nuit. Cette fille qui dort paisiblement, qui a tout oublié, qui est libérée du monde, qui, l'espace de quelques heures, a laissé son esprit s'évader et explorer de nouveaux horizons, je la connais bien. Cette fille, c'est moi.

Je dors paisiblement, j'explore un monde nouveau, un monde qui ne s'offre qu'à moi. Ce monde, en vérité, n'est pas si différent de celui que je retrouve à mon réveil. Mais le temps n'a plus la même emprise. Je vis sans être tout à fait moi-même, je ne suis plus maîtresse de mon corps, je n'y fais plus attention. Il se passe des choses que je ne vois pas vraiment, je n'en ai aucun souvenir sinon un ressenti, une certitude : ces moments que je ne visualise pas, ils n'ont pas été inventés, ils se sont produits. Même si je n'en garde que quelques images, il y a quelque chose, en revanche, qui se manifeste avec une telle force que j'en suis troublée même après mon réveil : un ressenti, un sentiment, une émotion. Oui, ces sentiments sont forts, peut-être même plus que dans la réalité.

La nuit dernière, alors que mon corps paraissait inerte, innocent, reposant là sur mon lit, sans bouger, mon esprit, lui, était plus agité. Des micros rêves se sont succédés, tous différents mais liés entre eux par des personnages ou des souvenirs communs. Je ne m'étendrai pas sur ces rêves, ou plutôt pourrais-je dire sur ce rêve constitué de plusieurs épisodes, car certains sont de ces rêves qu'on veut garder pour soi, qui nous appartiennent et qu'on chérit. Je dirais simplement que ce rêve était beau. Mes sentiments étaient intensifiés, mes émotions amplifiées, d'une telle force que je me suis sentie bien, tellement bien. Je n'avais jamais ressenti cela auparavant. C'est normal, c'est un rêve, tout est différent. Les émotions plus fortes, les soucis qui n'existent plus.

Mes yeux s'ouvrent, je retrouve ma chambre, qui cette fois n'est plus plongée dans une obscurité totale. Je suis seule. J'ai laissé derrière moi, dans mon monde onirique, les personnages qui m'ont accompagnée. Peut-être les recroiserai-je un jour, au détour d'un rêve. Je n'ai pas oublié mes sensations, elles sont encore bien présentes, j'essaie de les retrouver, de ne pas me réveiller complètement. Mais c'est trop tard, mon esprit s'est complètement libéré du sommeil et de la fatigue. Les souvenirs commencent déjà à s'estomper, les images ne sont plus que des esquisses. Il fait jour, la journée commence. Je me lève et tourne définitivement la page sur ces instants oniriques. Il est temps de revenir à la réalité et d'espérer que la nuit prochaine sera aussi belle.