vendredi 2 février 2018

Cette bien étrange solitude

Avez-vous déjà eu cette désagréable impression de ressentir des émotions qui, dès qu'elles essayent de passer la barrière des mots, disparaissent tout à coup ? J'ai bien du mal à croire, alors, que la pensée ne puisse exister qu'à travers le langage par lequel elle s'exprime. Je suis convaincue qu'il existe bel et bien des pensées, ou au moins des émotions, qui existent en dehors du langage. Cette partie non exprimable existe probablement à des degrés variables chez les autres. Je n'arrive pas vraiment à savoir à quel point ils l'expérimentent. Ces émotions, ou cette intuition, ne sont pas même exprimables à travers mon attitude et mon langage gestuel, que je maîtrise d'ailleurs plutôt très mal. Quand je suis au milieu d'une conversation où l'on commence à parler de nos émotions, ressentis et fonctionnements internes, j'en viens donc très vite à ces quelques paroles répétitives "je n'arrive pas à expliquer", "ce n'est pas ce que je voulais dire", "je ne sais pas, c'est intuitif", alors que je n'ai pas une "intuition" particulièrement développée au sens "deviner des choses". Je parle plutôt de fonctionnement intuitif, c'est-à-dire d'un mode de perception qui passe par des chemins non verbaux, non directement perceptibles par les 5 sens, qui n'existent que sous forme d'impressions. Cela ne veut en aucun cas dire que j'ai un sixième sens, mais je crois que c'est plus une façon d'être au monde. 

Les conversations de vive voix qui portent sur les émotions sont d'autant plus complexes pour moi que quand on en parle, je n'arrive pas à réfléchir en live, à analyser mes émotions pour mettre des mots et en parler. J'ai donc parfois cette impression que certaines personnes croient bien connaître mon intériorité, alors qu'elle ne s'exprime que partiellement. Pire, parfois, je ne sais tellement pas l'exprimer, quand les autres le font très bien, que j'ai l'impression de ne plus en avoir, ou que la chose qui ressort est le manque de confiance en moi et le malaise. Il arrive même que je me dise "il y a plus à exprimer", mais je ne sais plus sur quel sujet, où, quoi, comment, une impression diffuse que quelque chose ne s'exprime pas, mais sans que je n'arrive à mettre le doigt dessus, ni verbalement, ni intuitivement (comme c'est le cas là maintenant, tout de suite, où je tourne autour d'une idée, mais je ne sais pas vraiment laquelle).

C'est après un arrêt de ce blog pendant plusieurs mois que je me rends compte, vraiment, de ce qu'il m'a apporté. Je ne me suis jamais autant plaint de ma difficulté à exprimer mes ressentis et intuitions que cette année. 2017 a aussi coïncidé avec rencontres de personnes atypiques et qui sont à l'aise avec ce type de conversation, donc qui m'ont sans doute plus sortie de ma zone de confort. Mais je pense aussi qu'avoir arrêté ce blog a empêché mes émotions de s'exprimer à travers une forme, d'avoir une existence plus concrète, et de quitter le monde de l'indicible. Et c'est devenu assez difficile à vivre, de me retrouver seule avec des émotions que je n'arrive pas à communiquer, et dont je ne peux donc pas parler. De me rendre compte que certaines personnes peuvent mal me cerner (j'ai l'impression) en pensant avoir totalement compris ce que je suis. Et pourtant, si vous me demandiez "En quoi t'ont-ils mal cernée ?", je ne saurais absolument pas le formuler. C'est l'exemple parfait de l'impression vague et incommunicable. Ce ne sont pas forcément des émotions tristes que j'ai du mal à nommer, mais j'ai malgré tout un grand besoin de les exprimer, de les partager, d'échanger. C'est aussi la première année que je me plains autant d'être perdue dans ma tête, de ne pas réussir à structurer mes idées, d'avoir des pensées qui vont et viennent, que j'oublie, qui reviennent en coup de vent, sans que je ne les sente visuellement liées à quelque chose. Ca provoque chez moi ce que j'appelle une "panique cognitive", le mot panique étant sans doute un peu fort, mais c'est le concept qui m'est venu. Si j'essaie de poser ces pensées, il y en a dans tous les sens et ça ne m'aide pas forcément.

Alors je réessaie encore de revenir ici, pour donner de nouveau une forme à ce qui se passe "en interne". En espérant que ça m'aidera.

jeudi 29 juin 2017

Talent ou incapacité, l'invisible frontière (5/37)

J'ai eu cette réflexion alors que j'étais une énième fois en train de m'arracher les cheveux en pleine séance de travail de chant. J'ai lancé l'enregistrement sur ma tablette, j'ai enclenché l'instrumental et je me suis mise à chanter "se tu m'ami" puis "ah mio cor". J'étais contente de moi, j'avais l'impression d'avoir surmonté les blocages des jours précédents. Ca sort bien ça sort bien, super ! J'écoute l'enregistrement et tout à coup, toute mon âme se serre et se met à pleurer à l'écoute de cette voix insupportable pour mes oreilles. Oh tiens, ici cette note n'est pas trop moche, mais elle est vite chassée par la médiocrité de tout le reste. C'est ça, progresser ? Pourquoi j'ai l'impression que le son est bien soutenu alors que c'est désagréable à entendre ? Quel élément technique non maîtrisé provoque ce son ? De rage, je lance violemment un livre contre mon placard, je supprime l'enregistrement pour ne plus être tentée de le réécouter, et je descends manger. Mon visage sourit à mes amies mais toutes mes pensées broient du noir. Et mille questions s'enchaînent dans mon esprit : pourtant j'ai déjà chanté du lyrique à la famille qui était impressionnée, à une amie qui était impressionnée, à des amis de mes parents qui ont beaucoup aimé. On n'a pas les mêmes oreilles ? (Pourtant, je suis capable, quand c'est bien, de l'entendre aussi). Je n'ai pas chanté de la même façon ? Mes oreilles ont un problème ? Comment pourrai-je réussir à chanter devant plus de gens, ou des gens que je connais moins, si je n'entends rien de bien quand je me réécoute ? "Allez ose, c'est peut-être beau, puisque la dernière fois les réactions ont été positives". Comment savoir si je suis en train de chanter bien, quelle voix sortira... 

Pour la variété ou la pop, les choses sont encore plus complexes. Curieusement, le lyrique me paraît plus accessible. Très difficile au début, mais je peux voir la progression. Pour la variété, il m'est arrivé d'avoir de bonnes sensations, voix bien placée, joli timbre. Mais c'est si rare ! Et cette semaine, et la semaine dernière, et depuis plusieurs semaines, j'ai la sensation de ne plus savoir chanter en dehors des cours de chant. Et c'est le cas, je ne retrouve plus les sensations. Ca me fait ça tout le temps, ça vient ça va, mais ça met toujours plus de temps à revenir, et c'est tellement imprévisible qu'après 2 ans de cours de chant, je ne pourrais toujours pas chanter en public. 

Je réécoute mon dernier enregistrement fait chez mon prof de chant. Le rendu est, je trouve, vraiment bien. Ma voix m'est agréable, je ressens l'émotion que j'ai voulu transmettre, j'entends mon âme, et puis quelques larmes viennent. Oui mais ce n'est pas moi. Plus moi.
Mes amies me compliment sur ma voix. Bien sûr, elles ont entendu cet enregistrement, et maintenant elles sont convaincues que je suis bien plus douée que ce que je ne suis réellement, et aucune ne me croit quand je fais part de mes difficultés incompréhensibles. 

Comment peut-on à la fois être talentueux (de très bons retours sur mon enregistrement, y compris le mien qui est celui qui me tient le plus à cœur finalement) et complètement nul à la fois ? Puisque cette voix existe en moi, elle doit bien pouvoir revenir. J'essaie de me rassurer en me disant ça. Mais ça rend fou. Où est-elle ? Suis-je trop incompétente pour exploiter le potentiel de ma voix ? Suis-je trop sensible à l'environnement pour en faire quoique ce soit ? Aurai-je le niveau technique suffisant pour avoir une voix qui me plaît et qui reste ? Ai-je trop de blocages psychologiques ? Quand je suis chez mes parents, que je chante avec mon micro et ma petite enceinte, les sensations reviennent plus facilement. A Paris, pour la variété / pop, je me sens bien plus incapable. Et ce n'est même pas forcément de l'inhibition liée à la peur d'être entendue, parce que parfois je chante dans ma chambre et que mes voisines ne sont pas là.

Et je suis lassée de devoir m'enregistrer pour savoir comment je chante, mais je suis obligée, sinon c'est impossible de connaître mon son et de l'ajuster. 

Le titre de mon article s'explique alors très bien, ce sentiment d'avoir cette voix en moi qui ne revient pas. J'ai pleuré l'autre jour, comme je le fais parfois quand je chante très mal et que j'ai l'impression que le sens de ma vie s'effondre, et que je suis bonne à rien et pas capable de progresser dans ma seule et unique grande passion. Parfois même, je ne chante plus pendant une ou deux semaines parce que mes difficultés m'ont retiré l'envie de chanter (heureusement, elle est de nouveau là et forte quand je reviens à Lyon et que je retrouve mon environnement familier et mon micro).

J'ai psychoté pendant des mois en cherchant le problème. "C'est sûr c'est le ventre !", "C'est sûr c'est la langue, ça y est le problème est réglé !". Non, non, non toujours pas. Je ne sais pas, je ne sais plus. Evidemment mes profs me corrigent, mais pendant le cours. Incapable de faire un travail aussi bien par moi-même. Où est le problème bon sang ? 

Et tout à coup, cette simple pensée m'est venue : et si ton problème, Esmeralda, était de trop te demander où était le problème ? 
Je sais que j'ai un problème avec l'inconscient au sens : on travaille ça ou ça, ça change pas grand chose sur le moment, et un beau jour on se réveille et la voix est plus jolie. On ne sait pas trop pourquoi, mais tout ça a fait progresser. Alors que j'essaie toujours de tout comprendre, j'ai du mal à déléguer mes progrès au travail inconscient. Je me suis torturée pour essayer de trouver LE problème, ou les éléments à travailler pour mon problème spécifique, et ça a peut-être été contre-productif.

Alors j'ai décidé d'adopter une autre approche du chant, en espérant que ça m'aide. Je vais travailler tous les aspects techniques, sans me dire "non ça on verra plus tard, ça te servira pas pour ton problème". On oublie le problème et on s'amuse aux vocalises (oui parce qu'aux vocalises je progresse par contre, quelle ironie). Avant-hier j'ai donc travaillé la voix de poitrine et surtout la voix de tête que j'ai du mal à faire entendre vraiment. C'était un travail plutôt amusant et qui m'a donné un peu plus de voix ensuite. 

Comme je serais heureuse si j'arrivais, d'une, à garder toujours la voix de mon enregistrement, de deux, à progresser encore. J'espère que cette troisième année de chant va débloquer des choses.

To be continued...

lundi 12 juin 2017

Flux de pensées intérieur (4/37)

Je ne sais pas sur quel thème écrire cet article, alors que les idées me viennent souvent au fil de la journée. Malheureusement, elles s'envolent aussitôt, et je n'ai pas la patience de les noter à chaque fois qu'elles se présentent. Je commence donc à écrire quelques lignes, et l'inspiration viendra probablement au fur et à mesure. Déjà les idées commencent à se former. J'étais partie pour écrire "je suis actuellement en train d'écouter Aymeric Caron", avant de me faire deux remarques en même temps, l'une pour souligner le fait que j'aimerais tellement me motiver à acquérir plus de culture pour vraiment comprendre la société et avoir de quoi réfléchir sans me sentir dépassée, l'autre pour me dire que je remarque bien chez moi ce qu'on appelle la pensée en arborescence, très pratique pour blablater quand on a rien de particulier à dire parce que de nombreux fils se dérouleront malgré tout sitôt la ou les quelques premières phrases écrites. Les fils se déroulent, je panique un peu au milieu de ces idées, oups, lequel choisir ? Et tout à coup, pouf, je m'arrête, j'adopte soudain un rapport extérieur à ce que j'ai écrit, les fils s'interrompent, je me retrouve propulsée hors de mon flux de pensées intérieur. A ce moment là, chaque nouvelle phrase m'interroge : que vais-je écrire, maintenant que la barrière s'est remise en place, que le système (le paragraphe) s'est construit ? Chacune serait ajoutée bien artificiellement, bien maladroitement à cette construction. Si les idées ne sortent pas de ce flux de façon automatique et rapide, alors elles seront mauvaises et extirpées avec difficulté. C'est pour cela qu'il est plus prudent de toutes les sortir d'un coup, car quand je reviens à mon édifice, et que je dois repartir d'une base déjà construite, il m'est plus difficile de m'y remettre. En dissertation, c'est la première phase de mon travail, celle qui me demande le plus de concentration : lancer toutes les idées tant qu'elles viennent, aussi longtemps qu'il le faudra, jusqu'à ce que tout à coup, je pose le stylo : ça y est, je n'ai plus rien à dire. Mais ce fonctionnement s'accommode mal de ma nature de paresseuse. Lors de l'élaboration de mon mémoire, j'aurai bien du mal à m'y pencher d'un coup, pendant plusieurs heures, pour établir la structure en une fois. Mais quand j'y reviendrai, il y aura déjà quelque chose, et si j'essaie de déclencher de nouveau un flux de pensées intérieur, il aura plus de difficulté à sortir, car devant intégrer des éléments extérieurs, quand d'habitude, il ne sort que de ma tête, sans données autres à prendre en compte. 

Voilà, je viens d'essayer de sortir de ma tête quelques mots pour expliquer comment sortent mes idées, mais je me demande s'ils vont faire sens pour quelqu'un d'autre que moi.

Camus (3/37)

Être différent n'est ni une bonne ni une mauvaise chose. Cela signifie simplement que vous êtes suffisamment courageux pour être vous-même.

jeudi 8 juin 2017

Nourriture : culpabilité et pardon (2/37)

Bon eh bien la paresse aura été de courte durée : j'ai de nouveau un travail à faire là où je fais mon stage, et qui va beaucoup m'occuper. J'essaierai d'écrire quelques articles malgré tout, mais ils seront plus courts que ce que j'avais prévu au départ. Aujourd'hui, j'ai manqué de temps pour écrire, alors je vous copie un texte que j'ai écrit il y a quelques semaines, lors d'une de mes journées de craquage alimentaires.

Je prends aujourd’hui la plume pour raconter mon histoire. L’histoire d’une fille comme les autres qui pourtant, en silence, lutte contre ses démons. J’espère un jour pouvoir écrire « qui a lutté, pendant longtemps, contre ses démons ». Ce serait une belle victoire, de transformer le présent en un passé lointain, presque archaïque. Je voudrais pouvoir en être au stade où je proclame fièrement la guérison de mon esprit. Et c’est volontairement que je n’écris pas « ma guérison ». Je ne me considère pas comme malade. Je suis juste moi, Esmeralda, 21 ans, avec ma personnalité et toutes les difficultés que cela peut engendrer d’être simplement moi. J’entends souvent que les troubles alimentaires sont la conséquence d’un trouble profond, d’un manque, d’une souffrance psychologique très éloignée de ce problème qu’on pourrait croire physique. Mais le temps m’a montré que c’est un problème qui s’est progressivement automatisé et détaché de la cause première à laquelle il était rattaché. Je dévore ma colère, j’avale ma tristesse, je savoure ma joie, j’engloutis mon ennui, je mâche mon angoisse, je… je mange, tout simplement. A-t-on vraiment besoin de ressentir une émotion quelconque pour avoir envie de se faire plaisir ? Ces émotions qui se succèdent les unes après les autres, que l’on pourrait vainement tenter d’identifier pour analyser leur rôle dans les manifestations de mon trouble, ne sont-elles pas le reflet de cette émotion étrange et impalpable qu’est la vie ? L’envie de manger est constante, omniprésente, elle a envahi chacune de mes pensées. Lorsque la nourriture cesse, à la fin d’un repas bien trop riche, de réveiller mon irrésistible attirance pour elle, elle se transforme alors en culpabilité et en anticipation. La culpabilité d’avoir craqué, encore, et d’avoir justifié mes dégustations compulsives, comme chaque jour, par un argument rationnel capable de transformer ce qui passe pour une habitude en une simple exception. « Oui mais aujourd’hui, c’est parce que… mais demain, je me reprends en main pour de vrai ». L’anticipation des prochaines crises, ou des prochaines souffrances induites par mes tentatives désespérées mises en œuvre pour résister à ces terribles pulsions. 

La culpabilité cohabite avec la tristesse, la colère, l’impuissance, mais aussi, et heureusement, avec le pardon. Il se fait discret, le pardon, mais il a tracé son chemin et s’est installé dans mon cœur. Je l’y garde précieusement, et je lui rends visite lorsque je parviens à le retrouver. Le pardon me rappelle que je n’ai pas moi-même créé ce trouble consciemment, par une succession de mauvaises décisions. Que je ne suis pas le bourreau, que je subis moi-même ces fortes envies. Que quoiqu’en dise ma culpabilité, quoiqu’en dise le reflet effrayé, abattu et implorant que je croise dans le miroir, je ne suis pas responsable de l’arrivée de cette force qui me dépasse. Je veux croire qu’il y a une solution, je dois continuer à déployer des immenses efforts pour la combattre, mais sa puissance n’est pas de mon fait. Je dois m’en rappeler pour ne pas me laisser ronger par une culpabilité maladive. Même si c’est difficile. Il me reste donc comme solution la plume, quelques mots tracés pour tenter une nouvelle lutte, ou, au moins, transformer l’obsession et la douleur qu’elle entraîne en quelque chose de beau.  

mercredi 7 juin 2017

S'il te plaît, réveille-toi (1/37)

C'est toujours étrange pour moi de revenir ici. A chaque fois que je commence à croire que cette fois, c'est vraiment la fin de mon blog, une force me pousse à y revenir. Tant mieux, aujourd'hui, j'ai de nouveau besoin de lui. Mon cerveau est menacé de "larvification", cet étrange processus qui le conduit progressivement à l'état de larve ou de légume à mesure que la paresse s'installe en lui. A force de ne plus réfléchir à grand-chose, ou toujours aux mêmes sujets, à cause de mon manque de curiosité contre lequel je n'arrive pas toujours à lutter, à cause de ces pensées que je ressasse et qui tournent en rond dans ma tête (pas forcément négatives, mais désespérément lassantes et responsables de mon enfermement intérieur) et m'écartent de tout sujet non directement relié à l'introspection ou au fonctionnement interne en général, j'ai l'impression de progressivement perdre mes capacités de réflexion. 

Cela conduit à des situations très désagréables où j'assiste à une discussion très intéressante, mais je suis incapable de sortir plus que de simples banalités. J'ai mis ça sur le compte de différents problèmes :

- Mon manque de culture. Evidemment, sans culture, la discussion ne pourra pas aller bien loin. Ce manque de culture est lié d'une part à un manque de curiosité sur plein de sujets, d'autre part au fait que j'ai l'impression que ma mémoire dysfonctionne. Je n'ose plus lire beaucoup de choses, parce que c'est souvent comme si je n'avais jamais rien lu (ou presque). Il faudrait que je prenne des notes, mais ça gâche ma lecture. Il faudrait que je fasse l'effort de réfléchir à chaque fois que je lis quelque chose, que je trouve des champs d'application des analyses que l'on m'a proposées, mais je n'ai pas eu le courage non plus. Si on ajoute à ce souci de mémoire le fait que la structure de mes pensées pourrait se résumer à un chaos sans fond (elles vont dans tous les sens, elles viennent quand elles veulent, aucun système de rangement interne), on comprendra d'où vient mon manque de culture. Un dernier élément peut venir perturber le tout : les pensées existentielles du type "à quoi bon ? De toute façon on va tous mourir un jour" (des pensées fort joyeuses, on est d'accord). En vérité, ce n'est pas aussi clair dans ma tête quand je bloque face à la connaissance, mais c'est une pensée vague, diffuse, qui reste néanmoins perturbante. Mais je crois que finalement, mon plus grand blocage, c'est l'oubli, l'impression qu'il faudra indéfiniment relire et réapprendre les mêmes choses, que tout ça ne s'inscrira pas "en moi" pour me nourrir mais restera toujours extérieur. J'aimerais absorber tous ces systèmes philosophiques ou psychologiques, toutes ces pensées, mais je n'arrive ni à les ranger, ni à les retenir d'une manière qui puisse me plaire. 

- L'énorme hétérogénéité de mes capacités de réflexion entre l'écrit et l'oral. Je sais écrire, je sais parler et pourtant, mes réflexions ne peuvent naître que par écrit. C'est comme si les capacités de "contenant" de mon cerveau étaient trop limitées pour contenir suffisamment bien les pensées qui me viennent, et construire une réflexion qui soit plus que des pensées prises au vol. Ca, c'est mon analyse, mais dans les faits, le constat est très simple : à l'écrit, avec un minimum de temps, je peux développer une réflexion intéressante sur divers sujets, même avec peu de culture ; à l'oral, quand je discute avec quelqu'un, j'ai plutôt l'air d'une abrutie. Et ce n'est pas une question de temps de réflexion. Même si on me donnait quelques minutes à chaque fois, je serais incapable de développer quoi que ce soit dans ma tête, sans support écrit. Ou alors il faudrait déjà que j'aie réfléchi au sujet un certain nombre de fois, jusqu'à ce qu'il fasse partie de moi (mais pour ça, il faut beaucoup de temps, et ce n'est pas dit que tout ne disparaisse pas). Toutes les réflexions que j'ai dans ma tête ne veulent désespérément pas se structurer, se construire et revenir au bon moment. J'ai l'impression de n'être capable de réfléchir que par écrit.

- Du mal à réfléchir devant quelqu'un.

- Une motivation et une humeur fluctuantes. Ca m'empêche de déployer une quelconque stratégie pour progresser. Je pourrais me dire "je vais travailler un peu tous les soirs la philosophie morale", et puis ma motivation, très forte au départ, va s'essouffler et être remplacée par une grande lassitude. Vite, il faudra changer de sujet d'intérêt, je voudrais tout savoir, mais mes envies changent constamment, et ma motivation avec.

Cela provoque ce phénomène très désagréable où j'ai l'impression que mon potentiel (qui est ce qu'il est) est complètement inhibé et où ma réflexion pourrait être plus intéressante et profonde que les absurdités et lieux communs que je suis capable de sortir sans que cela ne fasse avancer la discussion.

L'autre jour, j'ai passé un entretien qui s'est très heureusement très bien passé, mais lorsque l'on m'a demandé ce que je lisais, je n'ai même pas pensé à parler de la psychologie, alors que j'aurais eu plein de choses à dire. C'est comme si face à quelqu'un, mon flux de pensées m'était inaccessible, ou accessible de façon très restreinte. Peut-être aussi est-ce dû au stress (relatif stress, on ne peut pas dire que j'étais particulièrement paniquée). Mais c'est précisément un élément problématique à souligner : en dehors de mes amis vraiment proches, j'ai très souvent une forme de stress lié à ma peur de ne pas avoir de choses intéressantes à dire. 

Bref, tous ces éléments sont terriblement frustrants. Je n'arrive plus à savoir si mes capacités intellectuelles me limitent dans le développement de certaines réflexions, ou si j'ai simplement un potentiel endormi, qui pourrait se réveiller si je trouve un moyen de surmonter tous ces éléments de blocage. Les études en prépa étaient, de ce point de vue, une situation plus confortable où l'on me forçait à faire marcher mon cerveau. Aujourd'hui je dois faire des efforts pour ne pas tendre vers la gogolitude.

Je veux donc essayer de me stimuler de nouveau le cerveau, et le moyen le plus paisible que j'ai trouvé pour le faire, c'est d'écrire et de réfléchir ici. A mon stage en ce moment je n'ai pas grand chose à faire, j'ai donc le temps, pendant la journée, d'écrire un article. Je ne sais pas encore de quoi je parlerai, mais j'aimerais essayer de poster un article par jour jusqu'aux vacances, le 13 juillet. 37 jours. Au vu de mes précédents échecs dans ce genre de défi, je ne m'engagerai pas, mais je vais essayer d'y arriver quand même.

A demain donc !

vendredi 20 janvier 2017

De douloureux adieux

Un attachement rapide rend le retour à la réalité tout aussi difficile et brutal, quel que soit le type d'attachement que l'on puisse éprouver. 

Aujourd'hui, je dois faire le deuil du bien-être que j'ai ressenti les quelques fois où j'ai vu la psy pour faire ce qu'on appelle un bilan psychologique (avec entretien et tests de QI, j'y reviendrai). Une écoute sincère et bienveillante, quelques aspects évoqués parmi ceux qui me touchent le plus profondément, quelques questions soulevées, quelques petits conseils éparses, et c'était déjà fini. 

La restitution est faite, il est à présent temps pour moi de poursuivre ma route. Elle me conseille de commencer une thérapie pour réduire le niveau d'anxiété ou, comme je le lui dis, pour mon problème d'obsession de la nourriture (sans que cela ne rentre dans le cadre d'un trouble alimentaire spécifique, depuis que j'ai stoppé net l'hyperphagie). Ce ne sera en tout cas pas avec elle : elle évoque des centres où les étudiants peuvent consulter un psychologue gratuitement, et de toute manière elle a une spécialisation bien spécifique qui ne correspondrait pas à ce que je pourrais chercher moi. Elle me conseille néanmoins un podcast sur l'attachement, puisque je lui ai demandé une référence théorique (j'y reviendrai aussi).

Je ne l'ai vue que quelques fois, cette psy, 5 rendez-vous au total étalés sur plusieurs mois. Cela fait donc un moment que cette aventure m'accompagne, que j'y pense, que ça m'interroge, que ça m'ouvre l'esprit, que ça me travaille.

5 rendez-vous seulement, et pourtant ça a suffi. Ca a suffi à créer une sorte de vide immense quand je suis sortie de son bureau pour la dernière fois, déçue que les tests n'aient pu conduire à aucun diagnostic clair (pour faire simple, si je devais résumer ma situation, ce serait un fonctionnement haut potentiel sans haut QI, autrement dit aucune étiquette ne s'applique réellement à moi) mais surtout triste à l'idée de ne plus jamais y revenir. Les quelques discussions que nous avons eues, lorsqu'elles allaient au-delà de la simple notion de restitution pour évoquer brièvement les problèmes dont je lui avais fait part, m'ont plongée dans des émotions particulières. Peut-être parce que cela leur permettait justement d'être exprimées face à une oreille attentive au regard fin et bienveillant, leur donnant la possibilité de rejaillir à la surface. Ces émotions, pourtant, j'en avais déjà parlé à mes parents et à des amies. Mais là c'était différent. 

Je me sens comme je me sentais il y a quelques années, lorsque je refermais le dernier tome du Livre des étoiles et que je devais quitter ce monde et ces personnages que je chérissais tant, n'ayant plus que mes larmes pour affronter ce qui m'apparaissait comme un drame. A ceci près que les larmes ne sortent aujourd'hui pas toujours et qu'elles laissent place, lorsqu'elles sont retenues, à une profonde angoisse teintée de tristesse, ou une tristesse teintée d'angoisse. Je vais pour écouter le podcast, et tout à coup un sentiment de panique me prend, mon cœur se serre, je peux, je ne peux pas, je veux, je ne veux pas, je ne sais pas, je ne sais plus, c'est un peu tout ça la fois. Comme si le fait d'aller sur cette page et cliquer sur play me rapprochait trop de ces émotions désagréables, ramenant ma conscience à ce constat douloureux : l'adieu. C'est l'Adieu qui s'empare de moi lorsque j'ouvre la page, en même temps qu'une profonde envie d'écouter l'émission que la psy m'a conseillée pour m'éclairer, moi, dans mon cas personnel. J'ai l'impression que mon esprit se débat intérieurement, mais contre quoi ?

Peut-être contre lui-même. 
Je m'attache trop difficilement, parfois. 
Je m'attache trop facilement, là. 
Ces adieux font mal alors que ça n'a été l'affaire que de quelques rendez-vous. 
J'ai l'impression d'être comme lâchée tout à coup dans un grand océan, moi et mes émotions, sans bouée de secours à laquelle me raccrocher lorsque je peine à les maintenir à la surface. 
Pourtant ma vie ne va pas mal, je ne vais pas mal. 

Mais cet adieu, lui, me fait mal, et moi je peine à exprimer toutes les émotions que j'aimerais tellement comprendre et expliciter, pour ne plus être seule parmi elles.
Moi, incapable de les comprendre complètement.
Elles, inaccessibles à ma raison.
Et ce non diagnostic bouleversant qui me laisse livrée à mon errance. 

mardi 29 novembre 2016

Le retour du challenge "culture musicale" #1

Je dois encore une fois m'excuser de vous avoir abandonnés. Le pire c'est que l'écriture me manque. Depuis que j'écris moins, je dois contenir toutes mes pensées et réflexions dans ma tête et je dois reconnaître que parfois, je suis au bord de l'implosion cérébrale. J'exagère sans doute un peu, mais parfois je me mets à paniquer au milieu de toutes ces pensées que je ne veux pas oublier, et parmi lesquelles je me perds inlassablement. Les retranscrire sur le papier, les structurer et les embellir à travers un texte, ça me fera du bien. Et puis j'aime bien relire les articles que j'ai écrits en soignant vraiment le style. J'espère donc revenir ici plus souvent et développer de nouveau mon style, mes pensées, mes émotions. Je sais que j'ai dit ça un nombre incalculable de fois ces dernières années, alors j'espère que cette fois, c'est le vrai grand retour !

En attendant, je vous partage un challenge que j'avais déjà tenté il y a plusieurs mois, et qui s'était soldé par un échec : le challenge culture musicale, que je me suis lancé samedi.

Alors voilà, j'adore la musique : j'adore écouter de la musique, j'adore jouer de la musique, j'adore chanter des styles de musique différents, mais malheureusement, ma culture musicale est assez ridicule et se limite aux artistes que j'adore et que j'écoute en boucle, encore et encore. C'est que j'ai toujours eu beaucoup de mal à aimer de nouvelles musiques, j'ai l'impression d'avoir des goûts très sélectifs bien malgré moi. Si je pouvais tout aimer, ce serait merveilleux. La musique a vraiment un impact très positif sur mon humeur. Quand je découvre une nouvelle chanson que j'adore, ça me donne un élan de bonne humeur incroyable. Dernier petit bijou en date, Deux "ils" deux "elles" de Lara Fabian. Je l'ai découverte dans le train, alors que j'étais déprimée de retourner à Paris, et cette chanson m'a fait un bien fou. Je l'ai trouvée tellement pleine de délicatesse et touchante ! En un rien de temps, mon humeur avait changé. Dommage que ce soit encore trop rare qu'une chanson me fasse cet effet-là !

J'aimerais donc aimer plus de musiques, et pour ça, pas de secret : je dois en écouter beaucoup. J'aimerais aussi arrêter de me retrouver dans cette situation désagréable où la personne qui me parle me regarde avec de gros yeux et me lance un "quoi, tu connais pas cette chanson ?" (NON, et je t'em.........). 

Mais ce n'est pas uniquement pour découvrir plus de musiques que je pourrais aimer ou éviter de me ridiculiser que je voudrais avoir une meilleure culture musicale. La dernière raison, c'est tout simplement que j'aime bien parler de musique avec les gens. J'aimerais donc être capable de mieux connaître les artistes que les autres aiment pour pouvoir en discuter avec eux ! 

Le challenge que je lance aujourd'hui, c'est donc le challenge culture musicale. Comme cet article risque d'être trop long, je viendrai dans la semaine vous écrire un deuxième article pour vous expliquer quelle forme il va prendre.

A très bientôt !

dimanche 7 août 2016

Mon premier poème

Indicible

Fatiguée de penser
De chercher, de stagner
Buter contre un mur d'émotions
Pleines de confusion

Un esprit qui s'affole
Qui lutte et se débat 
Recherchant une explication
A tant de sensations

De la joie, de la peine
Chancelant au milieu
De mille significations
D'une même émotion 

Tant d'incompréhension
De ces vagues pensées !
La rationalité le bloque
L'indicible le hante

Tentant l'introspection
Et l'explicitation
Je m'éloigne encore davantage
De la compréhension

Condamnée à me taire
Je me contente alors
D'exprimer et de partager
Ce terrible indicible

Je lutte malgré tout
Poésie, sauve-moi
Plus que des mots, plus que des phrases
Un rythme, une chanson

Alors je prends les armes
L'expression me défie :
Faire résonner l'invisible 
A travers quelques mots 

Quelques mots, j'ecrirai

samedi 6 août 2016

Première victoire

-2kg perdus depuis mi juin, sachant qu'il y a eu plein de moments où j'ai mangé pas diet du tout (notamment plein de restaurants à Avignon). Première fois depuis ma prise de poids que je vois vraiment du poids en moins sur la balance. Mon ventre est redevenu plat, mon visage a degonflé un peu il paraît, même si je ne le constate pas vraiment encore. 

Mais je suis sur la bonne voie et, malgré l'énorme difficulté de la tâche, je compte vraiment retrouver un poids qui me redonne un peu plus confiance en mon corps et mon visage (même si je ne peux malheureusement pas changer les aspects morphologiques). Ces premiers progrès sont les choses dont j'avais besoin pour me pousser à continuer, à ne rien lâcher.

Alors on continue et on ne lâche rien.

Vaincre sa faim ?

Je me demande si un jour, on peut gagner le combat contre sa faim et retrouver un rapport sain à la nourriture et aux proportions "normales". Ou si toute ma vie je penserai constamment à mon envie de manger, encore et encore, et si chacune de mes journées sera encore rythmée par la pensée du repas qui va venir.

vendredi 5 août 2016

La petite surprise du soir...

... c'est d'arriver à la douche et de constater qu'il n'y a pas d'eau chaude. Et comme par rapport à ça je suis une maniaque totale de l'hygiène, c'était pour moi impensable d'attendre demain matin pour me doucher.

J'ai donc opté pour l'eau glacée.
Que dire, que dire...? C'est dur, très dur, terrible, très terrible, effroyable, Ô combien atroce (... ou presque) ! Ce fut une épreuve douloureuse qui m'a demandé beaucoup de méthode. Bon, d'abord le jet d'eau pour le bas du corps, le moins sensible au froid. C'est supportable. Puis le haut. Je commence par mettre du savon et un peu d'eau, pour m'habituer à la température. Puis il faut se confronter à ce terrible jet d'eau et retenir les cris déchirants parce que quand même, il est déjà minuit et c'est pas cool pour les voisines. Hop hop hop, rinçage et ENFIN LIBÉRATION.

La serviette de bain apparaît alors comme le Graal, la chambre comme un chaud petit cocon. 

Ce soir, mes amis, j'ai vaincu l'adversité.

mercredi 3 août 2016

Je hais la cigarette, je hais l'alcool

Je hais la cigarette.

Je n'ai jamais fumé une cigarette de ma vie. Je ne supporte pas l'odeur de la cigarette. Je ne supporte plus tous ces fumeurs qui te font subir leur fumée, te font passer un sale moment et détruisent tes poumons via le tabagisme passif par la même occasion. 

Dans cette  pièce saturée de fumée, seule non fumeuse du groupe, je retiens ma colère et mon souffle et je me retiens de ne pas partir tout de suite. Subir en silence en mettant en jeu ma santé, ou partir immédiatement quitte à passer pour une associale. Je perds dans tous les cas et ça me met dans tous mes états.

Je hais la cigarette.

Je hais l'alcool.

Ou plutôt je déteste ceux qui me regardent avec réprobation quand je dis que je ne bois pas, rien, nada, pas une goutte. 
Pourquoi pas une seule goutte ? Allez Eva, tu peux bien boire un verre. Ou goûte au moins ! Non ? Mais pourquoi ?
Ah parce que je dois me justifier de ne pas boire ? J'ai juste pas envie, et alors ? 

Je hais le culte excessif de l'alcool. Je ne juge pas ceux qui aiment boire mais ceux qui me jugent parce que je suis la "seule personne en France" à ne pas boire. 

On me prendra peut-être pour une "sainte" au sens péjoratif du terme. Ou pour une coincée. Ou pour une fermée d'esprit avec juste trop de morale pour boire même un peu. On ne me traitera pas comme une égale. Et je m'en fous.

La pression sociale m'a definitivement dégoûtée de l'alcool. 

- Pffff allez bois !! Pffff tu bois pas ?  Etc etc etc.
- Pourquoi je bois pas ? Je n'ai même pas à répondre à cette question et je t'emmerde. 

Donnez-moi un paquet de chips, ça me suffira amplement. Ma conscience et ma vie vont bien sans cigarettes ni alcool, merci, alors ne polluez pas mon air et ma tête avec ça. Je n'ai pas à subir ou à boire pour faire plaisir aux autres.

C'est dit.

No mirror month challenge

Par angoisse, j'ai trop souvent tendance à me regarder dans le miroir. Je suis moche ou pas moche ? Mon corps a-t-il évolué depuis la dernière fois ? (La dernière fois étant le matin même). J'ai pris du muscle ? J'ai maigri ? Mon visage est moins rond ?

Bref, des questionnements quotidiens qui finissent par devenir très angoissants quand on manque de confiance, surtout qu'en s'analysant tous les jours dans le miroir, on risque de ne plus voir les changements et les améliorations. Ou moins.

Donc je rajoute à mes objectifs du mois d'août celui de ne quasiment plus me regarder dans le miroir pendant quelques semaines, le temps de laisser à mon corps le loisir de changer à son rythme. Dans l'idéal ce serait jusqu'au 31 août, mais en vérité si déjà je tiens, disons, jusqu'à la fin de mon stage, ce sera déjà pas mal.

Seules exceptions : pendant que je me maquille ou que je me coiffe le matin + pour contrôler ma posture si je travaille certains exercices d'haltères. Mais toujours de face (ce n'est que de profil que j'ai de réels complexes) et en analysant le moins possible.

Ça va être un vrai défi mais je crois que ça pourrait libérer un peu mon esprit et m'empêcher d'être obsédée par les éléments qui me complexent ou que je voudrais faire progresser. Je ne sais honnêtement pas si j'arriverai à tenir, mais ça vaut le coup d'essayer.

mardi 2 août 2016

Les objectifs du mois d'août

- Perdre 2,1 kg.

- Écrire un article par jour.

- Faire avant lundi mon article sur les pièces que j'ai vues au festival d'Avignon.

- Faire des étirements 2 fois par jour, 6 fois par semaine.

- Lire, lire, lire : à la fin du mois d'août, je veux avoir mis en place une forme d'habitude (à définir) autour de la lecture.

- Acheter les carnets que je voulais et définir plus précisément leur utilisation.

- Avoir appris par coeur au moins la scène de théâtre que je voulais (j'en reparlerai).

- Avoir écrit 3 poèmes.

- Réfléchir à un concept autour de poèmes que je veux écrire (là aussi j'y reviendrai).

Objectif encore à définir : j'aimerais imaginer un travail sur un point de ma personnalité. Mais j'ai encore besoin d'y réfléchir pour mieux vous en parler !

lundi 1 août 2016

Variation

Je suis toujours étonnée de constater à quel point la motivation et l'humeur peuvent varier très rapidement. Quand je dis très rapidement, ça peut presque être dans l'espace de quelques minutes. Je suis pleine de motivation pour quelque chose, prête à déplacer des montagnes, presque à changer de vie... Et deux minutes plus tard je ne me sens plus motivée, me voilà presque découragée ou blasée. Puis la motivation revient, puis elle repart, plusieurs fois dans la même journée, sans raison apparente, sans que rien ne se soit passé. C'est plus difficile d'établir des projets sur du long ou moyen terme quand l'humeur varie autant. Ce serait plus simple avec des émotions plus stables. En même temps, c'est peut-être aussi ce qui permet d'écrire différents types de textes ; et d'avoir une vie plus contrastée et intense en termes d'émotions. Pour le meilleur et pour le pire. A moi maintenant d'essayer d'en tirer le meilleur.

Et vous, vous avez aussi parfois l'impression d'avoir une humeur qui varie énormément en très peu de temps ?

dimanche 31 juillet 2016

Poésie ?

Je rêve depuis longtemps d’écrire des chansons, mais dès que j’essaie de griffoner quelques paroles, je bloque, je trouve ça nul dès les premiers mots. J’ai cette impression que mon esprit est trop concret, pas assez imagé, et que seules des banalités sortent de ma plume - et encore, quand elles sortent.

Pour la poésie, c’était presque pire. En dehors d’un poème par-ci par-là rédigé pendant mon enfance, le genre ne m’a jamais parlé et j’ai toujours su que je n’avais pas la fibre poétique. Que si j’étais faite pour quelque chose, c’était la prose et rien de plus.

Jusqu’à cette semaine. Jusqu’à l’effet Avignon. Ca a été le déclic, j’en suis sûre. Car il a fait naître en moi une envie de changer ou de faire quelque chose de nouveau, je ne sais pas quoi, mais d’expérimenter la nouveauté. En parallèle, j’avais cette frustration de ne pas réussir à exprimer ce que je voulais par rapport à mes émotions. Alors la poésie, pourquoi pas ?

Le déclic m’est venu en rentrant à Lyon, dans le train. Une envie soudaine, plutôt que de somnoler comme d’habitude, d’écrire quelques vers. De faire du court, de donner un rythme au texte. Et tant pis pour les rimes, je ne veux pas m’imposer de contraintes.

Et voilà comment mon premier poème depuis des années a vu le jour. Le premier de cette année du changement (j’y reviendrai). Le premier, mais pas le dernier, j’espère. Il n’est pas parfait, il n’a pas de rimes, il doit y avoir des choses à redire. Mais je partais d’une vision "la poésie c’est pas pour moi" et aujourd’hui je suis contente d’envisager une autre perspective que celle de me tenir très éloignée de la poésie pour toujours. J’étais très heureuse de ce que j’avais écrit hier.  Pas parce que c’est génial, mais parce que je ne pensais pas que quelque chose sortirait de ma plume comme ça.

Encore une ou deux strophes pour terminer le poème.
Et puis peut-être que si je n’ai pas de blocage, j’en écrirai d’autres pendant l’été.

Pour l’instant la poésie semble mieux passer que la chanson. Mais qui sait, peut-être qu’au fil du temps, j’arriverai finalement à écrire une chanson ?

Ce serait mon rêve. Un de mes rêves.
Avant je n’y croyais pas. Du tout.
Aujourd’hui, l’avenir se teinte d’une couleur positive par rapport à l’éventuelle écriture d’une chanson. 

samedi 30 juillet 2016

La scoliose ne dit jamais son dernier mot

Parfois, lorsqu’elle me laisse souffler quelque temps, je la crois éloignée de moi. Je fais quelques étirements, tout en cachant ma souffrance passée au fond de ma mémoire. Je pleure quelques fois de cette trace qu’elle a laissée, cette omoplate trop épaisse, visible et pointue qui me complexe tant, mais au moins la douleur physique est loin.

Jusqu’au jour où elle ressurgit tout à coup et m’entraîne dans un tourbillon de douleurs quotidiennes. Pas des douleurs intenses. Mais une douleur constante et qui s’intensifie au cours de la journée. Parfois, mon cou se crispe à tel point que même les étirements n’y peuvent plus rien, il n’y a plus qu’à attendre le lendemain.

J’ai mal au boulot. J’ai mal malgré la chaise de bureau que mon collègue m’avait laissée. J’ai mal d’être assise devant un ordinateur, à constater la dégradation de mon état et de ma posture au fil de ma journée.

A 19h, je me retrouve épuisée, dépitée, presque déprimée. La journée m’a achevée. Ce n’est pas une fatigue de sommeil, de travail ou de saturation. C’est un épuisement de scoliose qui me donne envie de tout envoyer valser, d’abandonner de ce pas mon écran, de filer chez moi m’allonger par terre, les jambes contre le mur, pour me lancer dans un étirement qui me soulage sur le moment.

Je mentirais si je disais que ces jours-là, le soir, il n’y a pas de petite amélioration. Après les étirements, je suis encore crispée mais ça va un peu mieux malgré tout, et lorsque je descends manger avec mes amies, j’oublie un peu toutes ces tensions. Ce n’est pas la grande détente mais ça va.

La vie idéale avec ma scoliose, ce serait de bouger pas mal. Un peu assise, puis marcher, bouger, faire du sport, lire sur un canapé, écrire à un bureau mais pas toujours devant un écran. Parler à des gens. Mais rien de ce que je risque de faire toute ma vie et que je redoute, un travail derrière un écran, et l’attente, impuissante, de la douleur.

La scoliose pourrait se supporter au quotidien si l’on n’était pas contraint de rester assis devant un écran. Quoique même en dehors de ce contexte, je me rends parfois compte de son côté handicapant. J’ai du mal à lire dans un café ou une librairie parce que ma posture me crispe très vite. 

Je vais essayer de renforcer les étirements, de mieux les faire, parce qu’il n’y a que ça qui peut me soulager. Mais je sais que la scoliose plannera toujours sur moi, comme une ombre qui me guetterait à chaque instant. Un petit étirement en moins, et elle me plonge dessus.

Je suis épuisée de ça alors que j’avais réussi, cette année, à acquérir une belle vitalité. La scoliose et cette pêche quotidienne sont dans un conflit violent, et j’ai peur de l’issue du combat.

jeudi 28 juillet 2016

L'effet Avignon

Cet article va être pour moi très difficile à écrire, parce que j'aimerais expliciter une émotion, une sensation, que je n'arrive pas vraiment à cerner moi-même. C'est sans doute pour ça que j'ai repoussé cet article plusieurs jours, jusqu'à ce que je me décide finalement à me mettre devant l'ordinateur pour écrire ces premières lignes. Je sais que ce genre d'émotion se dissipe au bout d'un moment, la plupart du temps je la laisse filer avant d'avoir pu prendre le temps de l'analyser.

*

Je suis donc partie au festival d'Avignon du mardi 19 juillet au dimanche 24 juillet, avec mes parents (et mon frère pendant 4 jours). Pendant ces quelques jours, nous avons vu 16 spectacles (des pièces de théâtre et un spectacle musical). J'écrirai un article à part pour vous les présenter un peu, surtout que je suis très contente de ce que j'ai vu. Il a dû y avoir 3 ou 4 spectacles qui ne m'ont pas convaincue, le reste était génial. 

Chaque année, au festival d'Avignon, il se passe quelque chose chez moi. Sans doute par une forme d'empathie un peu spéciale, je me mets tout à coup à être fascinée par ce que je vois, et désireuse de me mettre au théâtre à mon tour, comme si je venais de me découvrir une soudaine passion (j'ai déjà fait du théâtre, c'était vraiment sympa sans être au stade du "oh mon dieu c'est génial, si seulement je pouvais en faire mon métier"). Cette année, je n'ai pas eu cette envie d'en faire à mon tour (quoique ça me manque un peu), mais ça a quand même déclenché quelque chose chez moi. 

Quelque chose.
C'est bien ça le problème : quelque chose, c'est trop informe, trop imprécis, je n'arrive pas à formuler les sensations que j'ai eues. 
C'est comme si, au lieu de me donner une subite envie de devenir comédienne comme à mon habitude, cette fois c'était une envie plus vague mais tout aussi forte qui me prenait aux tripes. 

*

A Avignon, c'est comme si tout à coup, une bouffée de sens me frappait en pleine figure, un Sens qui prend aux tripes. Mais quand j'essaie d'analyser ce Sens qui tout à coup vient remplir mon cœur, je vois bien qu'il n'y aucun contenu derrière. Quel est ce Sens ? Ma vie a-t-elle de nouveau une direction ? Mes nouvelles envies soudaines ont-un elles-même une signification ? Tout à coup, suite à ce Sens qui s'est manifesté, je semble avoir de nouveaux projets prêts à toquer à la porte de ma conscience. Ils sont là, je les ressens mentalement, presque physiquement... mais derrière, juste derrière, la conscience. Comme si on en était à l'étape juste avant le déclic. Comme s'il s'agissait d'un déclic inhibé.

Deuxième cas, quelques projets ont passé la porte de ma conscience et me motivent. Mais là se pose à nouveau la question de la signification. Je le sens, je le sais, je vais lire ça, parce que tel spectacle m'a motivée, et tout à coup je veux lire plein de livres, changer des habitudes, écrire plus, me sentir un peu plus littéraire, artistique... mais ces pensées sont en vérité très diffuses dans ma tête, floues, et je me dis "mais pourquoi ? Pour aller où ?"

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J'ai eu une émotion, une sensation pendant ces quelques jours à Avignon. Enveloppée par l'ambiance festival, mon cœur s'est pris au jeu de cette bulle particulière, il en a gardé le dynamisme artistique, l'envie de faire quelque chose, cette sensation enveloppante. Mais c'est comme s'il s'agissait d'une coquille vide. il manque un contenu à tout ce que je ressens. 

Voilà pourquoi mon article peut paraître fouillis. Je suis confrontée à une forme d’indicible, car rien de tout ce que je ressens n'est identifié et clair. 

C'est comme à la fin d'un concert qu'on a particulièrement aimé, parce qu'on est fan de la personne ou du groupe qui l'a donné. On est tellement ému, tellement frappé, que toute la hiérarchie du sens semble changer, que le Sens du monde se retrouve centré autour du concert, et que tout vient se raccrocher aux émotions qu'on a ressenties. Les émotions tapent sur notre âme, nos pensées, notre cœur, notre corps, on les ressent avec plaisir, et en même temps, on sait que finalement, ce n'était qu'un concert. Que tout n'est qu'émotion, que rien n'a changé. Et donc tout ce Sens qui se manifeste à nous, c'est une chose très étrange qui est là et va disparaître. 

*

J'ai donc ressenti beaucoup d'émotions à Avignon, pendant le festival, j'ai ressenti une forme d'empathie pour la création - j'imagine le comédien en train d'écrire son texte, ça me fait rêver même si ce n'est pas ça que je veux faire. Ca se présente un peu comme ça : j'imagine le comédien écrire son texte => ça me fait rêver, je me dis "j'aimerais tellement, moi aussi..." mais ce n'est pas écrire un texte de théâtre que je veux => je garde l'émotion sans garder la cause => je veux transposer ce rêver, cette sensation forte, à autre chose. 

Une émotion s'est créée chez moi, mais elle est informe parce qu'elle aspire à se fixer sur cet autre chose, cet équilibre, ce projet que je cherche encore. Artistique, atypique, un peu littéraire, qui passe aussi par le corps, je ne sais pas... 

*

Voilà à peu près tout ce qui me passe par la tête quand j'essaie d'exprimer mon émotion du moment. C'est très frustrant parce que je sais que quoi que je dise, ça ne reflétera jamais vraiment ce que je ressens.

En attendant, par rapport à tout ce que j'ai exprimé dans cet article, je terminerai en disant que je sais que ce genre d'émotion finit par s'estomper, et que ce Sens disparaît peu à peu. La vie redevient comme avant, avec une direction plus ou moins floue, mais sans ce Sens.
Alors cette semaine, j'essaie de m'accrocher à cette émotion autant que je peux, et de la convertir en actions, en une nouvelle habitude, en un nouveau mode de vie, en n'importe quoi qui pourrait m'aider à la sauvegarder le plus longtemps possible, ou du moins à l'utiliser à bon escient, en conservant les conséquences même quand la cause aura disparu. 

Voilà, c'est tout ce que j'avais à dire. Je reste sur la frustration, le malaise qui me fait tourner autour de cette émotion sans l'atteindre; Mais on va dire que j'ai fait de mon mieux. J'écrirai un nouvel article sur ce thème, dans quelques jours, pour vous dire ce que j'ai changé, et si ce changement s'est maintenu grâce à ces sensations. 

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En tout cas, le festival d'Avignon, c'était génial.

mercredi 27 juillet 2016

L’objectif ultime

Enchaîner 3 pompes. 3 vraies pompes.
Faire une véritable traction.

Je sais faire une seule pompe (plus ou moins bien réussie).
Je fais les tractions à la machine assistée en enlevant 27 à 36 kg de mon poids.

Bon, il y a du boulot !