dimanche 7 juillet 2013

Mes professeurs

Je ne peux pas me permettre de faire beaucoup de commentaires sur mes professeurs, parce que je n'ai jamais su si c'était légal de parler de quelqu'un sur internet, même de façon anonyme (et puis imaginez qu'un d'entre eux découvre mon blog).

Prof principale / Prof d'SES : je l'ai depuis la seconde, je trouve que c'est une très bonne prof, même si on s'écarte souvent beaucoup du cours pour parler de l'actualité - mais ça ne me dérange pas parce que ce n'est pas un problème pour moi de terminer le programme seule si nous n'avons pas le temps de le finir en classe. Alors après, j'avoue que plusieurs fois elle m'a vexée dans l'année, notamment quand elle m'a dit que je manquais de maturité intellectuelle. J'avais parfois l'impression que parce qu'elle semblait me trouver naïve, elle ne m'appréciait pas particulièrement, ou du moins elle ne se préoccupait pas de moi (elle oubliait tout le temps de me compter dans le lot de ceux qui voulaient faire une prépa), et une fois qu'elle s'est fait un avis sur une personne c'est difficile de changer son point de vue. Cela dit, je crois qu'elle a fini par changer d'avis à mon sujet, d'abord grâce à la réunion parents profs où, selon mon père, je répondais très rapidement et de façon pertinente, ce qui l'aurait impressionnée (j'ai bien dit selon mon père), et ensuite grâce à mes notes d'SES qui ont augmenté au troisième trimestre (en plus c'est elle qui s'est retrouvée à corriger ma copie (anonyme) du deuxième bac blanc et à me mettre une des meilleures notes de la classe). Ainsi, malgré le fait qu'elle m'ait parfois un peu découragée, je ne lui en veux pas parce qu'après tout je ne lui ai pas non plus laissé l'occasion de me connaître mieux, je suis restée assez discrète. Elle a une personnalité très attachante, elle est adorable et je l'apprécie beaucoup.

Prof de maths / spé maths : c'est compliqué. Je dirais qu'en tant que prof, je n'ai absolument rien à lui reprocher, elle est géniale, elle explique très bien, on a fini le programme avant la fin de l'année, tout paraît très clair avec elle. Seulement j'aurais aimé un peu plus de sourires, un peu moins de reproches ("Arrêtez de faire vos exercices au crayon à papier, vous n'êtes plus en primaire"), une bonne humeur qui ne soit pas aussi rare. Heureusement, elle était là le jour de résultats, très souriante, elle nous a beaucoup complimentés, et j'en garde donc une bonne impression malgré tout. 

Prof d'histoire-géographie : elle était très bien, la seule dont j'étais satisfaite au lycée. (dans cette matière je veux dire). Bon alors elle n'aura quand même jamais réussi à me faire devenir douée en croquis, mais je ne peux m'en prendre qu'à moi-même, je ne les ai jamais bossés. Ce que j'ai à lui reprocher, ce sont les longs cours qu'elle nous envoie en PDF qu'on ne peut pas modifier : elle a peur qu'on envoie ses cours à d'autres, donc elle marque son nom en gros sur chaque page et on ne peut plus rien changer, ni écrire plus petit pour économiser un peu d'encre, ni choisir la mise en page qu'on préfère. Mais bon, pour le reste elle était très bien. 

Prof de philosophie : bon alors ce prof est un peu devenu mon dieu au cours de l'année. Il a une personnalité particulière, il parle toujours dans un langage soutenu avec des phrases très construites, il fait très sérieux, ce qui est toujours un peu flippant quand il monte le ton pour vous engueuler (ce n'est pas fréquent, mais mes bavardages m'ont déjà valu quelques reproches), mais on se rend vite compte qu'il a un très grand humour et qu'il joue de sa personnalité pour plaisanter. Au niveau des cours je les ai adorés, leur construction est faite d'une telle matière que qu'à force de jongler d'un auteur à l'autre, d'une idée à l'autre, j'ai fini par réussir à mieux structurer mes pensées en ayant de plus en plus d'idées, et ça je le dois beaucoup à lui.  Ensuite, si je l'apprécie autant c'est que j'ai aussi l'impression que c'est le prof à qui je ressemble le plus. Ça fait un peu bizarre dit comme ça, mais comment dire... Déjà, il comprend mon humour un peu étrange (je fais beaucoup d'auto dérision, ou j'aime simplement plaisanter - surtout pendant le club échecs, pas pendant ses cours -ce qui le fait rire contrairement à ma prof principale qui me regardait plutôt avec des gros yeux signifiant "Qu'est-ce qu'elle raconte encore..."), j'ai compris un peu, je crois, sa façon de réfléchir, de penser, et ce qu'il attendait en DS parce que je dois raisonner d'une manière semblable (sauf que pour moi c'est encore tout mélangé dans ma tête). C'est donc le prof qui me comprenait le mieux, et que je comprenais le mieux aussi parmi tous mes autres profs. Et puis, c'est lui qui faisait le club échecs auquel je me rendais souvent avec quelques amis, et c'était vraiment cool. Bref, ce prof est un des meilleurs profs que j'ai eus durant toute ma scolarité, et je ne peux que l'en remercier pour ça, c'est mon petit préféré de cette année, aussi bien au niveau du professeur que de la personne. 

Prof d'anglais : je crois que le courant n'est jamais vraiment passé. Pas avec moi personnellement, mais avec la classe en général. Le positif, c'est qu'on a beaucoup travaillé aussi bien l'oral que l'écrit, qu'on a eu énormément d'évaluations (parfois un peu trop) ce qui nous a bien entraînés. Mais elle est française et n'a pas un accent anglais exceptionnel. Quant aux cours, ils n'étaient, je trouve, pas adaptés à une section européenne, alors qu'en seconde la prof exceptionnelle que j'avais eue nous avait faits énormément progresser (mais on ne peut pas rivaliser avec elle).

Prof d'espagnol : je l'avais eue aussi en seconde, je l'apprécie beaucoup, elle est jeune, elle est dynamique, elle nous donne plein de structures qui passent bien dans un écrit, et qui m'ont permis d'avoir une excellente note au bac alors qu'au début de l'année j'avais l'impression de ne pas vraiment savoir communiquer en espagnol (c'est encore un peu laborieux pour l'oral mais il y a quand même eu des progrès). Je n'avais pas toujours l'impression qu'on avançait très vite, parfois on aurait peut-être même pu augmenter le rythme, mais ce n'est pas grave, puisqu'au final je me rends compte que j'ai vraiment progressé.

Prof de sport : bon alors le sport en général je m'en fous complètement, mais il fallait quand même que j'en parle parce que ce prof, que j'ai aussi eu en seconde, est un amour. Adorable comme tout, il m'a mis des appréciations géniales, il est jeune et agréable, ça a rendu les cours de sport un peu plus sympathiques. J'aimais beaucoup plaisanter d'ailleurs : "Monsieur, vous voyez comme je suis brillante en badminton !" ou "Vous savez, je sais que je suis nulle, vous avez le droit de me le dire" Lui : "Mais non tu n'es pas nulle... Mais tu n'es pas brillante" (petit sourire moqueur).


Globalement j'ai eu de bons profs cette année, malgré le nombre de fois assez conséquent où l'on m'a entendue me plaindre de certains d'entre eux. Ma préférence va à mon prof de philosophie, sans hésitation, à qui je n'ai absolument rien à reprocher, à qui je dois tout. Donc, si je devais faire un top 3 des meilleurs profs de ma scolarité pré-bac, ce serait (sans ordre) : ma prof d'anglais de seconde, ma prof de français de première (dommage que je ne l'aie pas eue toute l'année), et mon prof de philosophie de terminale (que j'aurai en cours l'année prochaine si je décide de suivre ses cours de culture générale). Mais, évidemment, j'ai eu plein d'autres profs géniaux, au collège (mais je ne m'en rappelle plus énormément) et au lycée, et même s'ils ne sont pas dans ce fameux top 3, ils sont là et ils m'ont beaucoup aidée à progresser. Je tire beaucoup ma motivation du professeur qui enseigne, alors la qualité de l'enseignement (et de la personnalité) du professeur est importante pour moi, c'est pourquoi je trouvais que c'était une bonne idée d'en faire un article.

Hier j'ai donc envoyé des mails de remerciements à la majorité de mes professeurs. A ceux qui penseront que ça fait fayot, je répondrai que ça n'a rien à voir et qu'il s'agit juste de relations humaines où une élève remercie des professeurs qu'elle a apprécié, et que pour moi il n'existe pas de barrière imaginaire entre le professeur et l'élève qui ne vivraient pas dans le même monde. Je pense qu'ils seront contents de savoir que j'ai eu une très bonne note au bac et que je leur suis reconnaissante de tout ce qu'ils m'ont apporté. 

vendredi 5 juillet 2013

Bachelière

Épreuves anticipées :
Français écrit : 12
Français oral : 18
Enseignement scientifique : 17
Travaux personnels encadrés : 20

Épreuves de terminale :
Sport : 14
HG : 14
Musique : 16
HG en anglais : 17
SES : 17
Anglais : 18
Maths : 18
Philosophie : 18
Espagnol : 19

Ce qui me fait une mention très bien, section européenne, avec une moyenne générale de 17,77. Je suis comblée.

mercredi 3 juillet 2013

La khôlle

(Rappelez-vous, pour continuer à me lire envoyez-moi un mail, au cas où le blog passerait en privé).

J'ai souvent entendu que les khôlles traumatisaient les élèves d'hypokhâgne. Mais curieusement, cet aspect-là de la prépa me plaît. J'aime les oraux. Alors évidemment, en tant que grande stressée, je sais que je vais avoir terriblement peur pendant l'heure de préparation, en regardant ma montre toutes les cinq minutes, paniquée à l'idée de ne pas avoir le temps de finir de noter les idées principales.

Mais j'aime les oraux. Vous vous l'êtes peut-être déjà dit, mais au niveau de ce que je ressens je suis un peu étrange. J'ai tendance à toujours ressentir les choses de façon très intense. Il y a un aspect qui me plaît dans la khôlle, c'est de me retrouver face au professeur (sauf si c'en est un qui vous démonte injustement). Pendant cet oral la relation est différente, parce qu'il n'écoute que nous, qu'il nous donne des conseils, à nous, particulièrement, et aussi étrange que cela puisse paraître, cette proximité qu'on a me plaît. J'aime connaître les autres, les connaître vraiment, profondément, comprendre ce qu'ils ressentent, et en parallèle, je ne vois pas d'inconvénient à me montrer réellement, telle que je suis. Un oral, seule et non noyée au milieu de 45 élèves, c'est aussi l'occasion de montrer qui on est véritablement, dans sa singularité, dans son originalité. 

Le lycée m'a toujours rassurée, j'ai apprécié un certain nombre de mes professeurs parce qu'on sent qu'on peut leur faire confiance. Alors évidemment, je ne m'amuse pas à aller leur raconter ma vie et à me confier, parce qu'il n'y a qu'aux amis qui me sont vraiment proches, et sur ce blog, que je me confie vraiment. Mais cette présence est tout de même rassurante, et quand j'apprécie un professeur, j'aime me montrer telle que je suis, et non dresser un énorme mur invisible entre nous. J'apprécie les relations honnêtes, vraies. 

Je crois que je ne suis pas très claire parce que mes pensées ne le sont pas non plus vraiment. Il est évident que je ne suis pas étrange au point de vouloir devenir amie avec les professeurs, mais j'aime l'idée que pendant quelque temps, il n'écoutera que nous, comprendra par cela qui on est, et nous aidera à avancer. 

Alors non, la khôlle n'est pas une partie de la prépa qui me dérange, parce que depuis mon oral blanc de français l'année dernière, j'aime les oraux, c'est un moment intense, et j'apprécie de ressentir très fortement les choses (je vous avais dit que j'étais bizarre). Ça fait toujours un peu peur, plus ou moins selon les matières, mais j'arrive à être de plus en plus à l'aise, car l'oral n'est rien de plus qu'un moment d'échange. Et, peu importe le contenu de cet échange, ça en reste un, même si c'est sur un sujet précis. J'arrive à parler plus naturellement qu'avant, et j'aime parler, j'aime communiquer, j'aime être écoutée (mais ça va dans les deux sens, j'aime aussi écouter), alors finalement, malgré le fait que je serai probablement terrorisée pendant mon temps de préparation (surtout en histoire, ou en maths), j'attends les khôlles avec autant de joie que j'attends l'hypokhâgne B/L de façon plus générale.

samedi 29 juin 2013

Dernier trimestre

Comme l'a fait Briséis HK sur son blog, je vous livre mon bulletin du troisième trimestre qui vient clôturer mes années lycée. Entre parenthèses, mon classement.

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SES - 14,3 (1/34) : une année scolaire de très bonne qualité, grâce à un travail précis et exigeant. 

Histoire et géographie - 14,5 (2/34) : un très bon trimestre grâce au sérieux et aux efforts. Une année globalement satisfaisante. 

Histoire et géographie en anglais : absence d'évaluation pour le trimestre faute de temps suffisant. Une année globalement correcte.

Mathématiques - 13,4 (12/34) : des résultats régulièrement satisfaisants. Bon trimestre. 

Mathématiques spécialité - 14,7 (8/28) : bon trimestre.

Philosophie - 15,1 (1/34) : des résultats élevés qui témoignent de l'aptitude à mobiliser et à organiser des connaissances précises quand il s'agit d'argumenter. 

Anglais - 14,1 (9/23) : bonne année. Assez bonne participation. 

Espagnol - 14,9 (2/19) : très bon travail. Bon niveau. 

EPS - 13,7 (12/30) : ensemble satisfaisant, le travail a été sérieux et appliqué à l'image de l'année écoulée. 

Moyenne générale - 14,4 (4/34) - félicitations - avis très favorable pour le bac.

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Je suis globalement très contente de ce trimestre, et je ne sais pas par quel miracle je me suis retrouvée 1ère en SES et 2ème en HG alors que ma quantité de travail par rapport au deuxième n'a pas vraiment augmenté. J'ai un peu honte que ma moins bonne moyenne soit celle des maths, mais je n'ai pas suffisamment travaillé alors c'est normal. 

L'année dernière, je ne sais pas si j'en ai beaucoup parlé, mais j'étais un peu désespérée par rapport au français. Le professeur que j'ai eu pendant plusieurs mois avait réussi à m'enlever tout intérêt pour la matière, et pour la première fois en français, j'avais des difficultés. Je ne travaillais pas et je ne savais pas comment travailler. Je me suis donc retrouvée avec des notes très moyennes en DS et je n'avais plus le courage de chercher une solution pour m'améliorer. Au bac, j'ai eu 18 à l'oral, mais les très bonnes notes étaient nombreuses, et 12 à l'écrit, déception même si je ne m'attendais pas à beaucoup plus. 

Alors un beau jour, comme ça, j'ai déclaré que j'aurais des bonnes notes en philosophie. Je n'avais pas le choix, il fallait rattraper ces notes médiocres en français, il fallait montrer que j'étais capable de développer une réflexion. L'hypokhâgne était compromise par le français, je me devais donc de me rattraper avec la philosophie. J'ai ainsi décidé de m'initier à la philosophie pendant les vacances d'été précédant mon année de terminale. J'ai lu quelques œuvres courtes et abordables (Sartre, Descartes, des extraits de Camus, Simone de Beauvoir...) et j'ai écouté des conférences de Michel Onfray. Il a beau être polémiqué et aller parfois un peu loin dans ses critiques, j'ai trouvé qu'en gardant le recul nécessaire c'était un moyen sympathique et efficace de m'initier à la philosophie en parallèle de mes lectures.

Je ne sais pas si ce sont ces lectures qui m'ont aidée, ou si au final il m'aurait suffi de travailler mes cours pour me débrouiller. J'ignore quels sont les facteurs qui ont agi sur mon inconscient, mais peu importe, puisque l'ensemble de mes efforts a payé. J'ai réussi à être première de la classe deux fois, et j'ai senti qu'au fil des mois je progressais, alors que d'habitude je ne sens pas réellement mes progrès, si progrès il y a. Au final, j'ai fini par comprendre que le travail (et la bonne volonté) paie, même dans les matières qui semblent si aléatoires. 

Je tenais à vous faire partager ce bonheur non par prétention mais simplement parce que la philosophie a vraiment été ma découverte de l'année et qu'elle a changé ma vie. C'est la matière qui m'a permis de reprendre confiance en moi, qui a développé de façon plus générale mon esprit de réflexion, c'est la matière qui m'a rassurée, qui a été mon pilier quand la situation devenait chaotique dans d'autres disciplines. Bien sûr, je n'ai pas apprécié tous les chapitres, mais ce n'était jamais désagréable de réviser mes cours, même les parties les moins intéressantes. C'est la matière qui m'a demandé le moins de temps de révisions parce que mon intérêt me permettait de retenir bien plus vite ce que je lisais. C'est ma meilleure moyenne pour ce dernier trimestre et, même s'il ne verra jamais ce message, je remercie de tout mon cœur mon professeur de philosophie sans qui je n'aurais pas été autant séduite par la philosophie et qui est probablement le professeur qui m'aura le plus permis de progresser (et contre lequel j'aurai perdu aux échecs aussi, soit). Merci.

mercredi 26 juin 2013

La liste

On y est, enfin. Ça faisait longtemps que j'attendais de l'avoir devant les yeux, cette fameuse liste interminable de lectures diverses et variées. Je m'étais préparée psychologiquement à affronter cette succession de "lectures obligatoires", "lectures conseillées", "lectures indispensables". "Les lectures obligatoires seront suffisantes", me disais-je, "et je les compléterai avec d'autres livres si j'ai le temps, ceux qui me plairont le plus. Et, si je suis prise en B/L, je reprendrai quelques petites bases de maths". 

Après avoir passé trois ans à lire des blogs d'hypokhâgneux, je me sentais donc tout à fait prête à affronter la liste. Je suis invincible. Je n'ai pas peur. A nous deux.
Ce qu'on ne m'avait pas dit, en revanche, c'est que j'allais précisément me retrouver dans le lycée qui demande une liste de lectures et de devoirs plus flippantes encore que celles dont j'avais entendues parler. A savoir : j'aurai un test à la rentrée, qui s'étalera sur trois jours, donc il faut que j'aie bien assimilé ce que j'ai lu / travaillé (et je vais éviter les impasses). Un petit aperçu de la liste :

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SES : j'ai deux livres à lire, 39 leçons d'économie contemporaine de Philippe Simonnot et Faire de la sociologie : les grandes enquêtes françaises depuis 1945 de Philippe Masson.

Littérature : A lire : Oedipe Roi de Sophocle, Hamlet de Shakespeare, Phèdre de Racine, En attendant Godot de Beckett, Sylvie et Les Chimères de Nerval, Le Chef-d'oeuvre inconnu de Balzac, Les misérables (deux premières parties) de Victor Hugo, Du côté de chez Swann (Combray) de Proust.
A faire : des fiches sur l'humanisme au XVI° siècle, le théâtre classique français au XVII° siècle et le roman au XIX° siècle. Lectures connexes indispensables : je ne les lirai que si j'ai le temps, elles concernent surtout des textes fondateurs ou antiques comme la Bible, l'Odyssée, L’Iliade, La théogonie, L'Enéide, les Métamorphoses... .

Philosophie : A lire (en se concentrant principalement sur les trois premières œuvres de la liste) : Apologie de Socrate de Platon, Les Méditations métaphysiques de Descartes, L'énergie spirituelle de Bergson, Du contrat social de Rousseau, Préface à la 2ème édition de la Critique de la Raison pure de Kant, l'Oeil et l'Esprit de Merleau-Ponty. A faire : je dois réfléchir et distinguer différents couples de concepts.

Histoire : je dois ficher les chapitres qui concernent la période 1814-1870 du livre La France du XIXe : 1814-1914 de Francis Démier

Langues : j'ai décidé de continuer mes deux langues, donc LV1 anglais et LV2 espagnol. En anglais je dois lire American Pastoral de Philip Roth et travailler quelques chapitres d'un livre de civilisation Américaine et Britannique (tout en lisant un peu la presse). En espagnol, je dois lire et travailler quelques chapitres d'un manuel de civilisation espagnole, et lire la presse (tout en révisant un peu les bases de l'espagnol), 

Maths : travailler les lacunes qu'on a depuis le collège (soyons fous !), connaître les formules qu'on a apprises par cœur, cette fois ce n'est pas la calculatrice qui doit les savoir à notre place. Sinon, il y a quelques ouvrages conseillés mais je peux acheter le manuel qui me plaît le plus en fonction des concours que j'aimerais tenter.

Culture générale : j'ai trois livres à lire, Le siècle des intellectuels de Michel Winock, L'individu dans la société d'aujourd'hui (université de tous les savoirs) et Dans le château de Barbe-Bleue de George Steiner.

Bilan financier : autour de 400€ de dépenses en livres.
Bilan psychologique : entre peur de ne pas savoir comment m'y prendre pour ne pas tout oublier de ce que je lis, paresse qui commence déjà à m'habiter après quelques jours de vacances, et énorme motivation face à ces lectures passionnantes pour la plupart.

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Quand j'ai vu la liste j'ai eu un peu peur, tout de même. Mais après tout, c'est pour lire et travailler que j'ai choisi l'hypokhâgne, alors faisons ces devoirs en gardant le sourire ! Quelques problèmes se posent quand même, qui me perturbent depuis un moment :

D'abord, j'oublie très rapidement ce que je lis. Ce qui signifie que les romans que j'aurai lus au début de l'été ne seront plus qu'un lointain souvenir à la rentrée et que je serai incapable de me rappeler des principaux événements de l'histoire, des noms des personnages ou de toute autre information relative à ces lectures.

Ensuite, je ne sais pas faire des fiches de lecture efficaces et pertinentes. Pour mes devoirs d'histoire ou de littérature ça risque de poser un problème : en général j'ai un peu trop tendance à recopier la moitié du livre, je n'arrive pas à savoir ce qui est vraiment important, ce qui me manquera, ce que je peux ignorer sans problème. 

Et puis, pour finir, je n'aime pas faire des fiches de lecture sur les romans que je lis : je déteste devoir interrompre ma lecture pour prendre des notes. Si je suis plongée dans l'histoire, c'est très désagréable de devoir en sortir toutes les cinq minutes pour noter les principaux événements, le nom de chaque nouveau personnage, les informations sur ces personnages, leur vie, leur passé, leur rapport aux autres... Après on ne peut plus avancer dans sa lecture et surtout, on ne peut plus en profiter. 

Peut-être qu'un jour, je découvrirai le mystère de la fiche de lecture. 

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Maintenant que je vous ai parlé de cette fameuse liste et de mes craintes, il faut quand même que je vous dise que je suis très motivée pour la prépa. C'est vrai, j'ai peur, comme tout le monde je suppose, je ne suis pas ce qu'on pourrait qualifier de "bosseuse", j'ai toujours procrastiné, paressé, râlé quand j'avais des devoirs à faire. Je ne voudrais pas mal vivre ma prépa à cause de ça. Mais ça va être une expérience merveilleuse, et je veux bien croire que les effets positifs de cette expérience m'aideront bien après que j'aurai terminé mon hypokhâgne et ma khâgne (et ma khûbe, pourquoi pas, mais chaque chose en son temps, deux ans je trouve ça déjà génial). En plus j'ai la chance d'être dans un lycée qui ne vire pas d'élèves entre la première et la deuxième année, ce qui va rendre le climat de travail moins stressant, même si je compte me donner les moyens de mériter mon passage !

Etudier la littérature avec une prof très compétente, continuer la philosophie, l'économie, la sociologie, les maths... Tout ça c'est merveilleux. Il faudra bien que je me souvienne de cette sensation dans quelques mois, quand j'aurai envie de jeter mes cours par la fenêtre ou de les brûler. Je suis contente d'être une future hypokhâgneuse,  et je compte bien faire les devoirs qu'on me demande et lire autant que je le peux. Je me suis dit que j'essaierai de travailler 2-3 heures et de lire 2 heures par jour cet été.

Cela dit, je n'oublie pas que ces vacances sont les derniers moments très paisibles que j'aurai avant le début de cette expérience intense qu'est la prépa. Je me laisse donc aussi des moments de repos, et à la fin du bac j'ai déclaré que je m'autorisais une semaine de repos avant de me mettre aux devoirs. D'ici là, je fais ce que je veux, rien si je n'en ai pas la motivation, un peu de lecture si l'envie me prend. J'ai donc lu, très tranquillement, Le chef-d'oeuvre inconnu de Balzac, que j'ai adoré (et pourtant je n'aime pas vraiment tout ce qui touche à la peinture). Dès que j'ai découvert Balzac, je suis tombée amoureuse de son style, souvent très passionné mais sans que ce soit excessif et que cela prenne le dessus sur l'histoire, il y a un juste milieu entre les deux. 

C'est ça que je veux redécouvrir en prépa, c'est cette passion pour les livres. Cette année, j'ai continué à lire des classiques de la littérature et un peu de philosophie. Ce n'était pas désagréable, mais je devais souvent me forcer un peu pour aller jusqu'au bout, pour ne pas renoncer en choisissant l'option de facilité (ordinateur, films, séries). Cette année, je devrai lire, je n'aurai pas le choix, cela fera partie de mes devoirs en quelque sorte. Et je me rends compte que c'est un immense soulagement que cette obligation ne vienne plus de moi mais des professeurs. J'ai trop gardé une vision utilitaire de la lecture, j'ai essayé de m'en détacher mais je n'y suis parvenue qu'à moitié. Cette année, on va m'obliger à faire quelque chose qui me plaît mais que je ne fais pas assez souvent de façon spontanée, si on ne me force pas, c'est-à-dire que je prendrai du plaisir à lire sans me dire "Je ne suis pas obligée, je pourrais tout aussi bien poser mon livre et aller regarder un épisode de Vampire Diaries". Mon esprit va être libéré de ce "poids du facultatif". Ma vision peut paraître un peu étrange, en ce sens qu'on devrait lire avant tout pour le plaisir, par passion, mais je n'ai jamais réussi à abandonner complètement mon état d'esprit qui cherche trop l'utile, à mon grand désespoir. L'hypokhâgne, en m'imposant des lectures, va je pense m'aider à renouer avec cette passion de la lecture en m'incitant à lire davantage tout en supprimant les pensées parasites telles que "Je ne suis pas obligée, je pourrais faire autre chose".

Dans un prochain article, pour clore mon année comme il se doit, je vous raconterai les derniers grands moments de mon année de terminale.